juillet 30

Paranoïa… hospitalisation sous contrainte

     Lorsqu’il s’agit des films de Steven Soderbergh, l’on est très rarement déçue … Et avec Paranoïa, le réalisateur chouchou d’Hollywood a une nouvelle fois frappé très fort … Âmes instables et claustrophobes s’abstenir ….

Paranoïa suit les angoisses de Sawyer Valentini, ancienne victime de harcèlement, qui pour tenter de reprendre sa vie en main, décide de changer radicalement de vie. Elle trouve alors un nouveau travail, habite un appartement qui pour elle ne sera que temporaire, tente tant bien que mal de faire de nouvelles rencontres, et coupe même les ponts avec sa famille … Les séquelles de son agression passée restant cependant toujours très présentes, la jeune femme décide alors de confier ses peurs à un psychiatre… Ce dernier, voyant pourtant en sa patiente un danger potentiel pour elle-même et surtout pour les autres décide alors de l’interner… Un choix que Sawyer refuse catégoriquement, mais qu’elle ne peut contester… Car contrairement aux pensionnaires de l’hôpital psychiatrique d’Highland Creek, elle se sait saine d’esprit… Mais lorsque la nouvelle patiente affirme que l’un des infirmiers de l’hôpital est en réalité son harceleur, des doutes se posent réellement sur sa santé mentale ….

Filmer entièrement un long métrage de 90 minutes à l’aide d’une caméra d’Iphone est un choix des plus originaux, surtout lorsqu’on sait la place tenue par le téléphone dans cette histoire, mais aussi très risqué … Surtout lorsqu’on sait qu’aujourd’hui tous les réalisateurs n’hésitent pas à se doter des appareils les plus avancés et les plus sophistiqués pour un rendu des plus spectaculaire… Je dois pourtant dire que pour Paranoïa, le pari marche plutôt bien… 

A l’image d’un documentaire amateur, cette manière de tourner rendait le film extrêmement réaliste, parfois même un peu trop … On avait vraiment l’impression de se trouver dans un véritable hôpital psychiatrique, que les patients ne jouaient en aucun cas la comédie (chapeau bas à Juno Temple dérangée et hystérique à souhait, et aussi à Joshua Leonard, dont le délire obsessionnel est à glacer le sang), et même que l’indifférence des infirmiers comme des forces de l’ordre n’était pas feinte … 

Les zooms fréquents sur les visages ne laissaient quant à eux échapper aucun détail, et témoignaient aussi du talent et de l’investissement des acteurs pour leur rôle. La peur, l’angoisse,  l’inconfort comme la violence psychologique et même physique subies par les personnages étaient réellement palpables,  et contribuaient à renforcer l’atmosphère déjà malsaine dans cet hôpital. A chaque minute du film, on ne pouvait aussi que soutenir Sawyer seule face à une armée de professionnels refusant de la croire, se révolter contre ses conditions d’internement, être écoeuré par les abus et agression dont elle a été victime, et vouloir  à tout prix l’aider à s’échapper … 

Je regrette cependant que la descente aux enfers de Sawyer n’ait pas été davantage poussée … Pour véritablement coller avec son titre « unsane » en anglais, peut-être aurait-il fallu aller plus loin encore dans les délires schizophréniques de Sawyer …  Je pinaille d’ailleurs peut être un peu aussi, car peut-être d’agit-il là aussi d’une volonté délibéré des scénaristes et du réalisateur, pour qui Paranoïa est aussi une excuse pour mettre en lumière et surtout exposer un montage financier des plus pervers qui sévi réellement aux Etats Unis comme peut être ailleurs aussi …  A savoir les plans  de fraude à la mutuelle et à l’assurance maladie imaginés par les  établissements de santé pour s’enrichir sur le dos et  au détriment de la santé mentale de leurs patients …


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Ecrit juillet 30, 2018 par Maddie dans la catégorie "Cinéma

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