juillet 23

Une vraie famille … L’enfer est pavé de bonnes intentions…

Conseillé par Valentin Musso en personne à l’occasion du salon du livre Saint Maur en Poche, mais aussi par d’autres avides lecteurs présents ce jour-là, c’est donc sans grande hésitation que je me suis lancée dans la lecture d’Une vraie famille … Et par delà même une plume  irréprochable je dois dire que dans ce roman, je n’ai encore une fois rien vu venir …

Dans cette histoire nous suivons Mathilde et François Vasseur, couple de parisiens qui suite à un accident aillant failli coûter la vie à François, décident de quitter la capitale pour vivre isolés dans leur résidence secondaire de Bretagne. Un jour, alors qu’il vient de crever un pneu, François se fait aider par Ludovic, jeune autostoppeur aussi étrange qu’inquiétant, qu’il avait d’ailleurs auparavant déjà remarqué … Peut être du fait que la pancarte que le jeune homme ne cessait tous les jours de brandir « HOMME A TOUT FAIRE TRAVAUX, BRICOLAGES »… Leur maison nécessitant certains travaux, et malgré les réticences de Mathilde, François décide d’embaucher l’autostoppeur … Cela ne sera d’ailleurs que l’affaire de quelques jours … Pourtant très vite et aussi subrepticement qu’un parasite difficile à chasser, Ludovic va se glisser et trop s’immiscer dans le quotidien jusque là tranquille couple .. 

Au premier abord, l’intrigue semble très simple, le dénouement facile à trouver, et les personnages même un peu trop clichés… Il ne s’agit là, pourtant que d’une simple façade, un trompe l’oeil, piège aussi retors que brillant tendu par l’auteur à son lecteur, qui très naïvement, presque bêtement, tel un bleu, tombe dedans…  

Et s’il est aussi vrai que les premières pages de ce roman peuvent sembler trainer en longueur (on se retrouve parfois noyés dans un trop plein d’informations, ayant même l’impression de faire du sur-place… ), il n’en reste pas moins que pour moi Une vraie famille a pour moi tout du thriller psychologique réussi … L’atmosphère aussi glaçante qu’étouffante de ce huis clos, se déroulant uniquement dans la résidence des Vasseur, allant jusqu’à nous rendre presque claustrophobe… La tension aussi, allant crescendo au grès des chapitres jusqu’au final plus violent et malaisant … Le choix savamment mené d’avoir décliné le récit en trois parties, chacune d’entre elle étant narrée du point de vue d’un personnage, nous plongeant ainsi dans les tréfonds de leur tourmente … Et surtout cette précision quasi chirurgicale dont Valentin Musso nous dessine les portraits sinon les profils psychiatriques des trois héros (même si le terme ici semble difficilement adapté…), qui en réalité pourraient être n’importe qui, presque des monsieur et madame tout le monde, mais que le drame et la tragédie ont décidé de briser sinon détruire. Trois âmes rongées par la culpabilité, minées par la honte et l’impuissance, aveuglées par le déni au point même de se retrouver prisonnière de sa propre folie devenue incontrôlable et meurtrière… Une virée en enfer dont comme François, Mathilde et Ludovic on ne sortira pas indemne… 


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Ecrit juillet 23, 2018 par Maddie dans la catégorie "Lecture

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