juin 30

Iboga … une traversée en enfer

     Découvert par hasard au dernier salon du livre Saint Maur en poche, et surtout face à l’enthousiasme plus que contagieux de son auteur, je n’ai donc pu que me lancer dans la lecture d’Iboga de Christian Blanchard … lecture, dont je dois avouer je ne suis pas ressortie indemne…

Dans Iboga, je suis devenue Jefferson Petitbois, jeune détenu de 17 ans incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes et condamné à la peine capitale…  Comme lui, je venais de subir la « justice des hommes », refusant de comprendre ce qui m’arrivait, même si je l’avais mérité. J’avais commis l’irréparable, l’indicible, j’étais un monstre… maintenant, je devais le payer. Je ne cherchais d’ailleurs ni le pardon, ni à me justifier…Et pourtant, je demeurais dans le déni. J’étais tellement en colère aussi… contre les autres et leurs moqueries incessantes, leur fausse pitié, l’indifférence de tous…  mais surtout contre Max, mon mentor. Il m’a toujours dit que j’étais immortel, intouchable, au dessus des hommes et de leur lois ! Et aujourd’hui lui aussi m’abandonne… me laissant seul affronter le baiser meurtrier de la « Louisette » … J’avais peur aussi … putain j’avais peur ! Je ne veux pas mourir… Le curé m’a demandé si je croyais en Dieu … Je ne comprends pas ce qu’il me raconte … Et si Dieu existe vraiment, il doit être bien cruel … car en commuant ma peine de mort en réclusion criminelle à perpétuité, il vient peut être de me condamner à un enfer bien pire que la mort …  

Je tiens tout de suite à le dire, ce roman ne se veut  nullement être un plaidoyer pour ou contre la peine de mort. Ici n’est d’ailleurs pas vraiment le sujet, l’action débutant en 1981, celle-ci se trouvera rapidement abolie par Français Mitterrand… Non, pour moi cette histoire est d’abord celle d’un combat. Le combat de Jefferson contre la solitude et surtout le temps. Car lorsque l’on se trouve condamné à perpétuité sans perspective réelle de sortie, confiné 23h sur 24 dans un cercueil de moins de 10 mètres carrés… chaque jour, chaque heure, chaque minute qui s’écoule devient insupportable. Difficile aussi d’imaginer qu’il puisse vraiment se passer quelque chose dans une cellule de prison, et pourtant, je n’ai pas réussi à me défaire de Jefferson et de son histoire… 

La narration à la première personne, est un choix délibéré et entièrement assumé par  Christian Blanchard. Choix indispensable et tellement efficace, car pour véritablement vivre l’enfer de Jefferson, encore fallait-il pouvoir s’immiscer au plus profond de son âme, au risque d’avoir un récit, une vérité totalement subjective. La vérité selon Jefferson Petitbois… 

Malgré une trame complètement différente, l’atmosphère de certaines scènes  d’Iboga n’étaient pas sans me rappeler la très controversée adaptation cinématographique du roman de Stephen King la  ligne verte. Car si contrairement au héros du film, Jefferson Petitbois est quant à lui 100% responsable et coupable de ses actes- l’iboga (drogue hallucinogène dont je ne connaissais pas l’existence avant ce roman) ne justifiant aucunement l’abolition même partielle de son discernement -son attitude, comme le tourbillon d’émotions l’ayant submergé, étaient pour moi un véritable écho au personnage de John Caffey. Au fils des pages on ne pouvait alors que prendre son parti, s’insurger contre contre les humiliations et mauvais traitements dont il a été victime, s’évader avec lui au grès de ses lectures et de sa musique, pour in fine ne ressentir que de l’empathie mais surtout beaucoup de tristesse à égard … Chapeau Monsieur Blanchard ! 


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Ecrit juin 30, 2018 par Maddie dans la catégorie "Lecture

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