juin 27

How to talk to girls at parties…”Do more punk to me”

     Je ne sais pas si cela vous arrive souvent, mais je me retrouve parfois à aller voir un film à la seule vue de son affiche. Comme ce fut le cas pour le film de John Cameron Mitchell, How to talk to girls at parties, dont le visionnage fut d’ailleurs ma première vraie incursion dans l’univers Punk que je connaissais jusque là très très peu…  

L’histoire se déroule dans une Angleterre de fin des années 1970, marquée par de profonds bouleversements politiques, économiques et sociétaux, le Jubilé de la Reine (dont beaucoup se moquent plus ou moins gentiment), et où la jeunesse baignant dans une culture Punk, et un brin révolutionnaire aspire à autre chose qu’au conformisme de leurs aînés… On y suit en particulier Enn, ado d’une quinzaine d’année, un brin timide, un peu rebelle, adepte lui aussi du genre Punk et auteur de sa propre BD engagée Vyrus qu’il rêverait d’ailleurs de voir publiée, mais qui surtout, comme tous les jeunes de son âge aimerait bien percer le mystérieux secret des filles, et savoir enfin comment parler aux filles à des soirées… Il suffisait de demander, ou plutôt de frapper à la bonne porte, puisqu’il assez rapidement la connaissance de Zan, jeune extraterrestre au visage d’ange, qui elle aussi aimerait bien savoir comment à l’orthodoxie de ses pairs …  

Mélangeant habillement les genres, puisqu’à la fois décrit comme étant une comédie (l’humour subtilement dosé était efficace à souhait) , une romance (Roméo et Juliette x rencontre du troisième), un drame (aura-t-on un happy end ?) mâtiné d’éléments de science fiction, How to talk to girls… fut pour moi surtout et avant tout une expérience visuelle et sonore des plus psychédéliques. Comme si finalement j’avais, à l’instar d’Enn, contracté le virus Punk et me trouvais ainsi plongée dans un univers pour le moins insolite, hallucinogène et mystérieux. Je n’ai pas toujours tout compris, mais continuais pourtant de suivre, presque hypnotisée par chacune des performances délivrée …. Car c’est bien aussi de performance qu’il s’agissait…  Nicole Kidman assurant dans son rôle d’ex chanteuse Punk amère et nostalgique, et rêvant toujours d’une carrière et d’un succès longtemps refusé. Elle Fanning, bien loin de son rôle de Belle aux bois dormant (mais que j’ai quand même hâte de voir dans le second chapitre de Maleficient) semble s’être elle aussi particulièrement amusée et avoir pris un plaisir fou à incarner Zan. Alex Sharp (Enn dans le film) que je ne connaissais pas avant ce film a quant à lui véritablement réussi à faire ses marques et s’imposer devant ce casting d’actrices n’ayant aujourd’hui plus rien à prouver… 

Ce film fut aussi l’occasion pour le John Camron Mitchell, mais sûrement aussi Neil Gaiman, auteur de la bande dessinée dont s’est inspirée le film,  de dénoncer les nombreuses dérives qui minent encore aujourd’hui nos sociétés modernes (bien que l’action se déroule il y a plus de 40 ans) … Et celles ci sont nombreuses. Dénonçant ainsi le sectarisme laveur de cerveau, refusant ouvertement toute obéissance aveugle à une hiérarchie dont la légitimité est clairement discutable, et véritable pamphlet contre le conformisme et le traditionnalisme, How to talk to girls se veut être une ode à la liberté… de pensée d’abord, mais aussi d’expression ou tout simplement de vivre. 

Tous n’aimeront probablement pas ce film, beaucoup le trouveront même très bizarre (et j’en ai un peu partie) voire incompréhensible par moment. Il faudrait cependant passer outre ces premiers a priori pour pouvoir pleinement apprécier cette métaphore punk inédite et terriblement révolutionnaire… 


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Ecrit juin 27, 2018 par Maddie dans la catégorie "Cinéma

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