juin 18

Soeurs, Jusqu’où le désir de vengeance peut-il vous emmener ?

      Premier roman de Bernard Minier que je lis, je sais je sais honte à moi, et puis quelle idée de commencer une série par le dernier tome … C’est un peu comme débuter un livre par son épilogue… Mais bon j’assume complètement mon choix, et puis l’intrigue démarrant en 1987 et non dans les années 2000 comme les précédents livres, m’a beaucoup appris à connaitre et surtout comprendre les choix présents de Martin Servaz héros de la saga de Bernard Minier…

Soeurs commence donc en 1987, et assez durement avec la découverte macabre des corps de deux soeurs échouées au bord d’un lac… Fait inhabituel, elles sont toutes deux habillées en communiante. Attirail vestimentaire qui n’est pas sans rappeler le thème du roman d’Erik Lang, écrivain mystérieux et sulfureux, auteur du roman à succès Les communiantes, dont les deux soeurs étaient les plus fervente admiratrices … Si les premiers soupçons vont naturellement se porter sur celui-ci, l’enquête va pourtant rapidement se clore grâce aux aveux laissés dans une lettre  par le tueur véritable avant de se suicider… 

Une autre histoire se poursuit ensuite en 2017 avec la découverte à leur domicile, par son mari du corps de son épouse, empoisonnée par de multiples morsures de serpents. Détail intriguant, cette dernière est elle-aussi habillée en vêtements de communiante… Il n’aurait pu s’agir d’une simple coïncidence avec l’affaire de 1987, à ce détail près que le mari de la défunte n’est autre qu’Erik Lang lui-même… De quoi faire douter Martin Servaz, commandant de la Police judiciaire, qui, alors qu’il n’était encore qu’une jeune recrue, occupé de l’affaire des communiantes, devra apprendre à renouer avec ses fantômes du passé et faire éclater la vérité sur ces deux affaires qui ne devraient pourtant rien avoir en commun …

J’ai été  bluffée par la lecture de Soeurs. Bernard Minier, à travers une histoire de plus de 30 ans, a subtilement su semer des indices que pour moi seul un esprit aiguisé savait recueillir… En tout cas avec  mes yeux de lectrice peut être pas encore assez rodés, et parfois même trop naïfs- limite crédule- je n’ai vraiment rien vu venir ! Et j’ai adoré ! Car pour moi,  une histoire réussie est celle sera imprévisible sans pour autant tirée par les cheveux, qui me fera croire que j’avais tout compris alors que je ne faisais que fausse route… L’art de Bernard Minier est aussi de rendre tout le monde coupable, du crime peut être, en tout cas de quelque chose…

J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Servaz, commandant commissaire de la SRPJ de Toulouse. Il m’a dès les premières pages été plus que facile de m’identifier à lui (et pourtant je suis une fille), à ses histoires  et ses conviction; et même de me révolter avec lui contre les abus dont il a trop souvent été victime. Bien sûr je n’ai pas toujours été d’accord avec ses choix, que j’ai même parfois trouvé un peu trop extrême. Mais c’est aussi ce qui le rendait terriblement humain, et donc imparfait. Ce n’est pas le super flic, super costaud et super intelligent qui dès le début de l’enquête a déjà tout compris et connait le coupable… Non, en fait Martin Servaz est juste un  homme normal, un monsieur presque tout le monde, mais animé d’un grand idéalisme veut quelqu’en soit le prix rétablir la vérité et restaurer une justice dans un monde pas toujours très juste… 

Et c’est d’ailleurs parce que j’ai adoré accompagner Martin Servaz dans son enquête que dès ce roman achevé, je me suis attelée à la lecture de Glacée. En commençant cette fois par le début …


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Ecrit juin 18, 2018 par Maddie dans la catégorie "Lecture

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